Hervé DUBERTRAND

08 mars 2008

Bonheurs indicibles...partagés!!!

Yeux_copieLa vie a de ça merveilleux qu'elle nous offre des moments de bonheur intense, profond où seul le regard peut relativement témoigner de ce sentiment
Les mots, les écrits, les mimiques ne permettent pas de rendre compte de ce ressenti intérieur.
Il n'est nul besoin d'une présence physique quotidienne, ou très fréquente pour que s'opère cette délicieuse alchimie intérieure qui nous remplit de joie et de bonheur. Nous avons dans notre entourage quelques rares personnes avec qui nous partageons, nous communions, et il nous faut apprécier à leurs justes valeurs ces relations toutes différentes mais toutes aussi enrichissantes et vitales pour nos équilibres personnels.
La diversité des personnes, des contextes n'est pas un obstacle à l'atteinte de multiples bonheurs!!! Vivre une relation aussi particulière qu'elle puisse être avec quelqu'un n'empiète pas sur d'autres relations, nous avons tous tellement de facettes qu'elles sont nécessairement en phase avec les facettes d'autres personnes! La communion d'esprit avec celles ci n'altère pas notre équilibre et notre harmonie intérieure ni celles de nos ami(e)s et de notre cercle proche
Merci donc la vie de nous offrir ce plaisir et pour cela nous devons l'appréhender telle que et mettre en oeuvre ce précepte de vie

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09 mars 2008

Escalope de ris de veau à la crème

Ris de veau à la crème et au madère

1kg de ris de veau pour 8 ou 4 paires bien dégorgées 5 à 6 heures à l’avance à grande eau froide que l’on renouvellera souvent.
Il faudra ensuite les blanchir 2mn les débarrasser des graisses et cartilages.2 œufs battus et 250 g de chapelure pour paner les escalopes
200 g de beurre
4 échalotes
1kg de champignons de Paris
5 cl de fond de veau corsé
1dl de crème fraîche 5 cl de Madère

Envelopper les ris de veau dans un torchon puis mettre par-dessus une planche sur laquelle sera posée une cocotte minute remplie d’eau 1 à 2 heures pour bien les écraser.
Les assaisonner fortement et les paner.
Les sauter à chaleur moyenne, mais saisies.
Faire revenir les champignons de Paris dans du beurre à la poêle avec les échalotes hachées.
On lie cela avec la crème fraîche, puis on rajoute le madère.
Servir les escalopes de ris en couronne sur un plat et éventuellement les arroser d’un beurre mousseux (pas obligatoire parce que gras)

Servir la sauce avec les champignons à part de façon à ne pas amollir les escalopes panées.

Un petit Chablis, on un Montrachet, ou un vin d’Arbois pour accompagner et voilà un plat succulent vite fait et vraiment qui vous ravira le palais.

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Conscience ...

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Notre conscience nous harcèle souvent, nous questionnant sur le bien fondé de nos actions sans pour autant que nous puissions nous mêmes y répondre seul face à un miroir!!!
Si notre pire ennemi reste souvent nous mêmes, je reste convaincu qu'il n'est pas aisé d'avoir toujours bonne conscience tout comme il n'est souvent pas justifié d'avoir mauvaise conscience après tel ou tel acte
Une fois listées les actions dont on sait pertinemment qu'elles sont nocives à autrui, qui peut réellement avancer que tel ou tel comportement aurait dû se produire ou être évité?
Il nous faut trouver un juste équilibre entre des principes éthiques applicables, let celui de réalité, la nécessaire réalisation personnelle et l'accession à un bien-être autant physique que spirituel et pour cela l'observation de notre entourage et de ses réactions à nos actions s'avère une aide précieuse pour mieux affiner nos choix et vivre en harmonie tout en respectant celles des autres.

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10 mars 2008

Sujets CAPEPS Corrigés et Conseils Oral Handball

Ci joint une méthodologie pour traiter les sujets handball CAPEPS methodologie_Oral2_Handball_IUFMet 2 sujets corrigés Correction_Sujet_CAPEPS__crit_IIavec les erreurs habituelles à ne pas reproduire et quelques modestes conseils
Traitement_Sujet_CAPEPS J'espère que cela pourra sinon vous guider tout au moins vous aider à définir  votre approche et votre préparation pour les concours

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13 mars 2008

Culbuto

Qui n'a pas en souvenir les adorables culbutos faisant le bonheur des tous petits durant la prise de leur repas
Ils vont ils viennent, ils subissent les affres de ces charmants bambins ils sont balancés à droite à gauche devant derrière, mais il restent toujours debout, ils reviennent à leur position initiale certes instables mais ils demeurent présents...
Je compare souvent notre équilibre à celui de ces personnages et sur la difficulté de le maintenir droit équilibré, statique mais en contre partie celui ci possède une inertie comme une force intérieure malgré son apparente fragilité lui permettant de rester en place et d'être là pour distraire les bambins qui en ont bien besoin!!!

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Bien être et respect

Le bien être de tous passe toujours par le respect de chacun...mais aussi par l'expression de ses propres besoins
Respect de l'intimité de l'autre, de son mode de fonctionnement, de sa culture, de ses désirs
Cela ne souffre pas de contestation et me semble toujours à la fois incontournable et totalement justifié
Chaque personne à un profil différent, a plus ou moins besoin de s'exprimer, préserve son jardin secret, désire et réussit plus ou moins à avancer dans une discrétion souvent voulue mais pas pour autant toujours assurée!
Mais il ne faut pas se leurrer, nul ne se livre complètement, quand bien même il le souhaiterait, de nombreux mécanismes protecteurs s'interposent pour ne pas l'exposer démesurément!!!
Mais l'expression plus ou moins profonde de chacun, réservée à ceux que l'on apprécie n'est jamais nuisible, non jamais, jamais!!!
Elle témoigne plutôt de la considération, de l'amour, de l'amitié, de l'estime et est une preuve de la confiance et des sentiments que l'on éprouve envers notre interlocuteur
Elle peut sembler nous mettre en péril, car mettant à jour nos points faibles et notre mode de fonctionnement, assécher apparemment ce que nous désirons exprimer, mais comment croire que nous allons tout exprimer, ou ne pas bien le traduire et aboutir à une incompréhension, mais nul n'est plus doux que le silence et le bien être éprouvé après ces fameuses discussions avec nos ami(e)s, amours et relations privilégiées
J'aime ces moments là et nul ne pourra m'empêcher de les vivre!!! Ils ne me font pas peur, bien au contraire car mettant à jour ma fragilité ma personnalité mais également ma confiance dans l'autre ils me donnent à la fois de la force et m'apportent surtout un bien être que je souhaite à tous ceux et toutes celles que j'aime apprécie et estime!!!

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15 mars 2008

Opportunisme...manipulation...ou intérêts partagés

Je trouve toujours amusant de constater que la même action peut être jugée comme positive ou négative selon les personnes, notamment au regard de leur connaissance des dossiers ou des contextes!
Ainsi sera qualifié d'opportuniste, avec une connotation négative, celui qui profiterait de la faiblesse passagère de quelqu'un ou tirerait parti d'une situation particulière où il lui serait plus aisé d'acquérir ou d'obtenir quelque chose qu'à l'accoutumée...
Mais d'autres personnes connaissant les tenants et aboutissants, ne se permettraient pas de le juger ainsi  car l'opportunisme est aussi une qualité qui permet à tout un chacun de créer les conditions d'un bonheur plus ou moins durable
Si un certain besoin d'accomplissement se manifeste chez tout le monde, il m'apparaît normal et juste que nous soyons amenés à saisir les opportunités qui se présentent à nous afin d'atteindre un état de bien être
Le chemin est souvent long, sinueux, semé d'embûches pour y parvenir et il ne faut pas rêver
Ce n'est pas tant l'objectif final qui est le but suprême, c'est plutôt d'avoir entrepris une démarche visant à y accéder! Le chemin et non le but du chemin témoigne de cette volonté de cette quête et les différentes opportunités qui se présentent et qu'il faut saisir apparaissent alors comme autant d'aides, de soutiens, de repères et de réconfort au cours des différentes étapes dans cette démarche

La manipulation elle aussi est souvent perçue comme une mauvaise action. Pour autant n'est manipulé que celui qui le désire d'une certaine façon car si bien entendu nous sommes tous manipulés à l'insu de notre plein gré, nous acceptons par moments d'être l'objet de manipulations de la part de notre entourage, nos relations professionnelles et amicales!
Il ne s'agit pas ici d'en vouloir à telle ou telle personne qui nous aurait manipulé ou utilisé pour améliorer sa vie personnelle, ou de le regretter, ou encore d'être attristé et d'en souffrir, non il s'agit de comprendre que nous avons tous des intérêts particuliers qui nous poussent à agir plus ou moins consciemment.
Il est alors humain, logique, compréhensible, justifié  d'avoir d'une façon ou d'une autre permis à l'autre de s'épanouir ou de réaliser quelque chose qu'il souhaitait et qu'il avait oui ou non exprimé
En contre partie nous en profitons nous aussi et nous aussi nous manipulons tout en étant manipulés
Cette complexité et cette interpénétrations d'intérêts est riche utile et doit être défendue
L'important reste là, que cela soit fait de façon implicite ou explicite il est légitime avec les personnes que l'on aiment et apprécient d'offrir de sa personne dans cette visée partagée et de manipuler et d'être manipulé avec toute la complicité qu'on a décidé d'établir ensemble
C'est une forme de partage et d'échange qui permet à chacun de palier à certaines de ses faiblesses et à construire parallèlement sa propre vie avec cette recherche de sérénité et d'équilibre permanente

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L'amitié

Je n'ai pas pu résister à vous mettre ce texte de CICERON sur l'amitié superbe bonne journée

ICÉRON
  Lélius ou l'Amitié
  - extraits -
 

[L'amitié entre hommes de bien]

 

  18. De prime abord, l'amitié, j' (1)   en ai la conviction, ne peut exister que chez les hommes de bien. Sur cette   notion, je ne trancherai pas dans le vif, comme certains dont le raisonnement théorique   est plus exigeant, sans doute à juste titre, mais sans grand profit pour la gouverne des   gens ordinaires. Ils refusent que quiconque soit homme de bien excepté le sage.   Admettons. Mais voilà que cette sagesse, ils la définissent de telle façon qu'aucun   mortel à ce jour n'a pu la suivre; or la nôtre, nous nous devons qu'elle prenne en   compte ce qui constitue l'usage et la vie courante, non point ce qui fait la substance des   rêves et des souhaits. Jamais je ne pourrais dire que Caius Fabricius, Manius Curius,   Tibérius Coruncianus, que nos aïeux tenaient pour des sages, l'étaient véritablement,   si j'appliquais les normes de nos brillants théoriciens : qu'ils gardent donc pour eux la   définition du mot sagesse, avec ce qu'il comporte d'enviable et d'obscur, et nous   concèdent que nos concitoyens étaient des hommes de bien. À cela même, hélas,   ils ne consentiront pas : ils refuseront que ce titre puisse être accordé à des gens   qui ne sont pas « sages » .
    19. En définitive, nous en déciderons avec, comme on dit, notre bonne grosse   jugeote. Toutes les personnes qui, dans leur conduite, dans leur vie, ont fait preuve de   loyauté, d'intégrité, d'équité, de générosité, qui n'ont en elles ni cupidité, ni   passions, ni inconstance, et sont douées d'une grande force d'âme, comme l'ont été les   hommes que je nommais il y a un instant, toutes peuvent, je pense, être rangées parmi   les gens de bien : ce qui les caractérise, puisqu'ils suivent, autant qu'un   être humain le peut, la nature qui est le meilleur des guides pour vivre de la bonne   façon.
    Il me semble, en ce sens, discerner que nous sommes faits pour qu'il existe entre   tous les humains quelque chose de social, et d'autant plus fort que les individus ont   accès à une proximité plus étroite. Ainsi nos concitoyens comptent davantage pour nous   que les étrangers; nos parents proches, plus que les autres personnes. Entre parents, la   nature a ménagé en effet une sorte d'amitié ; mais elle n'est pas d'une résistance à   toute épreuve. Ainsi l'amitié vaut mieux que la parenté, du fait que la parenté peut   se vider de toute affection, l'amitié, non : qu'on ôte l'affection, il n'y a plus   d'amitié digne de ce nom, mais la parenté demeure.
    20. La force que recèle l'amitié devient tout à fait claire pour l'esprit si   l'on considère ceci : parmi l'infinie société du genre humain, que la nature elle-même   a ménagée, un lien est contracté et resserré si étroitement que l'affection se trouve   uniquement condensée entre deux personnes, ou à peine davantage.
    Ainsi l'amitié n'est rien d'autre qu'une unanimité en toutes choses, divines et   humaines, assortie d'affection et de bienveillance : je me demande si elle ne serait pas,   la sagesse exceptée, ce que l'homme a reçu de meilleur des dieux immortels. Certains   aiment mieux les richesses, d'autres la santé, d'autres le pouvoir, d'autres les   honneurs, beaucoup de gens aussi lui préfèrent les plaisirs. Ce dernier choix est celui   des brutes, mais les choix précédents sont précaires et incertains, reposent moins sur   nos résolutions que sur les fantaisies de la fortune. Quant à ceux qui placent dans la   vertu le souverain bien, leur choix est certes lumineux, puisque c'est cette même vertu   qui fait naître l'amitié et la retient, et que sans vertu, il n'est pas d'amitié   possible !
    21. Dès lors que nous définirons la vertu à partir de nos habitudes de vie et de   pensée, plutôt que de l'évaluer, comme certains doctes personnages, d'après la   splendeur verbale, nous compterons effectivement au nombre des hommes de bien ceux qu'on   tient pour tels : les Paul Émile, Caton, Galus, Scipion, Philus. Ces derniers constituent   des modèles satisfaisants pour la vie courante : ne parlons donc plus de ceux qu'on ne   rencontre absolument jamais.
    22. Ainsi donc, une amitié entre hommes de bien a de si puissants avantages que je   peux à peine les décrire. Pour commencer, en quoi peut bien consister une « vie vivable   », comme dit Ennius, qui ne trouverait un délassement dans l'affection échangée avec   un ami ? Quoi de plus agréable que d'avoir quelqu'un à qui l'on ose tout raconter comme   à soi-même ? De quoi serait fait le charme si intense de nos succès, sans un être pour   s'en réjouir tout autant que nous ? Quant à nos défaites, en vérité, elles seraient   difficiles à supporter sans cette personne, pour qui elles sont encore plus pénibles à   supporter que pour nous-mêmes. Par ailleurs, les autres privilèges auxquels les gens   aspirent n'existent qu'en vue d'une seule forme d'utilisation : les richesses, pour être   dépensées; la puissance, pour être courtisée; les honneurs, pour susciter les   louanges; les plaisirs, pour en tirer jouissance; la santé, pour qu 'on n'ait pas à   subir la douleur et qu 'on dispose des ressources de notre corps. L'amitié, elle,   contient une foule de possibilités. Dans quelque direction qu'on se tourne, elle est là,   secourable, n'est exclue d'aucune situation, n'est jamais importune, jamais embarrassante.   C'est pourquoi eau ni feu, comme on dit, ne nous font plus d'usage que   l'amitié.
   Et ce n'est pas ici de l'amitié commune ou médiocre, qui pourtant, elle   aussi, a de l'agrément et de l'utilité, mais de la vraie, de la parfaite, que je parle,   telle qu’elle a existé entre les quelques personnages qu'on cite. Car l'amitié rend   plus merveilleuses les faveurs de la vie, et ses coups durs, en communiquant et   partageant, plus légers.
    23. Or, si l'amitié recèle toutes sortes d'avantages, et d'importance, elle les   surpasse tous, parce qu'elle auréole l'avenir d'optimisme et n'admet ni la   démoralisation des esprits ni leur capitulation. En effet, observer un véritable ami   équivaut à observer quelque version exemplaire de soi-même : les absents sont alors   présents, les indigents sont riches, les faibles pleins de force et, ce qui est plus   difficile à expliquer, les morts sont vivants : tant le respect, le souvenir, le regret   de leurs amis continue de leur être attaché. Si bien que la mort des uns n'a pas l'air   d'être un malheur, et la vie des autres suscite l'estime. Enfin, si l'on écartait de   l'ordre naturel la relation d'amicale sympathie, pas une maison, pas une ville ne   resterait debout, et l'agriculture ne saurait subsister. Si l'on ne saisit pas bien quelle   est la force de l'amitié et de la concorde, on peut en avoir une idée à travers les   dissensions et les discordes. En effet, quelle maison est assez solide, quelle cité   possède une cohésion suffisante pour ne pas risquer, par les haines et les mésententes,   de se trouver complètement ruinée ? C’est par là qu’on peut évaluer ce   qu’il y a de bon dans l’amitié. (V-VII.)

 

[L'origine de l'amitié]

 

   Le plus souvent, donc, en réfléchissant à l'amitié,   j'ai l'habitude d'en revenir au point qui me semble fondamental : est-ce par faiblesse et   indigence qu'on recherche l'amitié, chacun visant tour à tour, à travers une   réciprocité des services, à recevoir d'un autre et à lui rendre telle ou telle chose   qu'il ne peut obtenir par ses propres moyens, ou cela ne serait-il qu' une de ses   manifestations, l'amitié ayant principalement une autre origine, plus intéressante et   plus belle, enfouie dans la nature elle-même ? L'amour en effet, d'où provient le mot   amitié, est au fondement premier de la sympathie réciproque. Quant aux faveurs, il n'est   pas rare qu'on en obtienne aussi de gens qu'on berce d'un semblant d'amitié et d'un   empressement de circonstance : or, dans l'amitié, rien n'est feint, rien n'est simulé,   tout est vrai et spontané.
    27. Cela tendrait à prouver que l'amitié est issue de la nature, me semble-t-il,   plutôt que de l'indigence; qu'elle est une inclination de l'âme associée à un certain   sentiment d'amour, plutôt qu'une spéculation sur l'ampleur des bénéfices qu'on en   tirera.
    On peut constater cet état de choses même chez certains animaux, qui aiment leurs   petits pour un temps donné et en sont également aimés : leur sentiment est évident.   Chez l'homme, il est plus évident encore : d'abord parce qu'il existe une tendresse   spéciale entre enfants et parents, impossible à détruire sauf par un crime exécrable;   ensuite, lorsque le même sentiment d'amour surgit d'une rencontre fortuite avec une   personne dont les mœurs et le caractère coïncident avec les nôtres, parce qu'elle   nous semble intérieurement illuminée, pour ainsi dire, de probité et de vertu.
    28. Rien, ma foi, n'est plus aimable que la vertu, rien n'engage davantage à   s'attacher, attendu que vertu et probité, d'une certaine façon, nous font éprouver de   l'attachement même pour des gens que nous n'avons jamais vus. Qui évoquerait sans   quelque bienveillante sympathie la mémoire de Caius Fabricius, Manus Curius, qu'il n'a   pas connus ? Qui, en revanche, ne haïrait Tarquin le Superbe, Spurius Cassius, Spurius   Mélius ? Deux chefs ont rivalisé avec nous par les armes pour la suprématie en Italie :   Pyrrhus et Hannibal. L'honnêteté du premier nous retient d'éprouver envers lui trop   d'animosité; le second, sa cruauté le rendra à jamais odieux à notre cité.
    29. S'il y a tant de force dans la valeur morale que nous l'aimons, soit chez des   gens que nous n'avons jamais vus, soit, ce qui est plus frappant, même chez un ennemi,   faut-il s'étonner que le cœur des hommes s'émeuve quand il lui semble, chez des   gens avec lesquels il envisage de nouer des relations intimes, apercevoir vertu et   droiture ? Au reste, le sentiment se confine par un bienfait reçu, par un penchant   dévoilé, par une fréquentation régulière. Choses qui, en nourrissant ce premier   mouvement de l'âme et de l'amour, font merveilleusement flamboyer l'intensité d'une   affection.
    Mais en prétendant qu'elle provient de la faiblesse, en s'appuyant sur le fait   qu'il se trouve, dans l'amitié, quelqu'un pour procurer à quelqu'un d'autre ce qu'il   désire, ils abandonnent l'origine de l'amitié à l'abjection et à la mesquinerie totale   : ils en font une chose née, pour ainsi dire, de la gêne et de l'indigence. S'il en   était ainsi, quiconque s'estimerait le plus intérieurement démuni serait le plus apte   à l'amitié. La réalité est bien différente.
    30. Car celui qui a le plus confiance en soi, celui qui est si bien aimé en vertu   et en sagesse qu'il n'a besoin de personne et sait qu'il porte tout en lui, celui-là   excelle toujours dans l'art de se gagner des amitiés et de les conserver. Quoi !   L'Africain (2) ? besoin de moi ? Seigneur ! Pas le   moins du monde. Ni moi de lui non plus, mais j'admirais la force de sa personnalité : lui   de son côté n'avait peut- être pas une trop mauvaise opinion de mon tempérament : il   m'apprécia. L'habitude de nous voir accrut notre sympathie réciproque. Mais même si   quantité d'avantages importants en ont résulté, ce n'est certes pas l'ambition de les   obtenir qui a provoqué notre affection.
    31. En effet, quand nous sommes généreux et bienfaisants, quand nous   n'exigeons pas de reconnaissance, - n'escomptant aucun bénéfice pour nous-mêmes,   n'éprouvant qu'une envie spontanée d'être généreux -, c'est alors qu'il est bon, je   pense, non point poussés par un espoir mercantile, mais convaincus que l'amour porte en   soi son fruit, d'essayer de nouer amitié.
    32. Ainsi sommes-nous fort éloignés des gens qui, à l'instar des animaux,   ramènent tout à la volupté. Ce n'est pas surprenant. Comment pourraient-ils se tourner   vers quoi que ce soit d'élevé, de magnifique, de divin, eux qui ont rabaissé tout souci   au niveau d'une chose si vile et si méprisable ?
    Voilà qui suffit à les éliminer de notre conversation, mais gardons à l'esprit   que c'est la nature qui engendre le sentiment de l'affection et la tendresse née de la   sympathie, une fois établie la preuve de la loyauté. Ceux qui la recherchent s'abordent   puis se fréquentent de plus près, pour profiter de la présence de celui qu'ils ont   commencé à affectionner, et de sa personnalité; pour instaurer une réciprocité et une   égalité d'affection : ils se montrent alors plus enclins à rendre service qu'à exiger   du retour et entre eux s'établit une noble rivalité. C'est ainsi qu'à la fois l'on   retirera de l'amitié les plus grands avantages, et que, d'être issue de la nature   plutôt que de la faiblesse, sa croissance sera plus intense et plus vraie. Car si   l'intérêt cimentait les amitiés, au moindre changement d'intérêts, on les verrait se   dénouer. Mais comme la nature ne saurait changer, les vraies amitiés sont éternelles.   Voilà donc l'origine de l'amitié, à moins que vous n'y trouviez à redire. (VIII-IX.)

 

[L'amitié n'obéit pas à des raisons   utilitaires]

 

  C'est donc bien la première loi qu'il faille instaurer en   amitié : ne demander à nos amis que des choses honnêtes, ne rendre à nos amis que des   services honnêtes, sans même attendre qu 'on nous les demande, rester toujours   enthousiaste, bannir l'hésitation, oser donner un avis en toute liberté. Dans le domaine   de l'amitié, il faut que prédomine l'autorité des amis les plus avisés, et que cette   influence s'applique à mettre les autres en garde, non seulement avec franchise mais   aussi avec assez d'énergie, si la chose l'exige, pour que le conseil soit mis en   application.
    45. Notons que certains personnages, considérés, à ce que je me suis laissé   dire, comme des sages en Grèce, ont proposé des théories à mon sens bien étranges;   mais il n'est rien que ces gens-là ne sachent développer par des arguties : pour les   uns, tout éventail d'amitiés un peu vaste est à fuir, de façon à ne pas, à soi tout   seul, devoir se tracasser pour une foule de gens; l'on en a bien assez, et même plus   qu'assez, de ses propres affaires, trop s'impliquer dans celles des autres ne peut que   nuire; le plus judicieux est de laisser autant qu'on peut à nos amitiés la bride sur le   cou, de manière à pouvoir, à notre gré, la serrer fort ou la relâcher. Le principal   en effet, pour vivre heureux, est la tranquillité, dont un esprit ne peut jouir s'il est,   seul, en mal de solutions pour une multitude de personnes.
    46. Mais d'autres soutiennent, dit-on, des thèses beaucoup plus indignes,   j'y ai fait brièvement allusion, il y a un moment : ce serait par besoin d'assistance et   de protection, et non de sympathie et d'affection, qu'on recherche l'amitié; selon ce   principe, c'est dans la mesure où quelqu'un a le moins de solidité et le moins de forces   viriles, qu'il recherchera le plus l'amitié; c'est ce qui expliquerait que les faibles   femmes recherchent davantage la protection de l'amitié que les hommes; les pauvres que   les riches; et les malheureux davantage que ceux qu'on répute heureux.
    47. La belle sagesse que voilà! On dirait qu'ils enlèvent le soleil du   monde, ceux qui enlèvent l'amitié de la vie, alors que nous n'avons rien reçu de   meilleur des dieux immortels, rien de plus plaisant. Quelle est en effet cette   tranquillité, apparemment séduisante, mais à repousser, tous comptes faits, dans bien   des cas ? Sans compter qu'il n'est pas très noble, ni de refuser son soutien à une   entreprise ou à une action honnête, seulement pour fuir les complications, ni de s'en   désintéresser après avoir commencé à la soutenir. Et si nous fuyons les soucis, il   faut fuir aussi la vertu, qui implique inévitablement son lot de soucis parce qu 'elle   méprise et déteste tout ce qui lui est contraire : ainsi la bonté déteste la malice,   la tempérance la passion, le courage la lâcheté; c'est pourquoi l'on voit que   l'injustice fait surtout souffrir les justes, la lâcheté les forts, l'infamie les gens   honnêtes. En conclusion, la caractéristique d'un esprit bien constitué est de se   réjouir de ce qui est bien et de souffrir du contraire.
    48. De ce point de vue, si la douleur affecte l'âme du sage - et très   certainement c'est ce qui se passe, sauf à supposer que toute humanité soit éradiquée   de son âme -, quelle raison justifierait qu'on éliminât complètement de notre vie   l'amitié, pour l'unique motif qu'elle nous impose quelques désagréments ?
    Quelle serait la différence, une fois l'émotion supprimée de l'âme, je ne dis   pas entre un animal et un homme, mais entre un homme et un tronc d'arbre, ou un rocher, ou   n'importe quoi du même genre ? Fermons donc nos oreilles aux discours des individus qui   voudraient que la vertu fût dure et comme bardée de fer, alors que dans nombre de cas,   dont l'amitié, elle est tendre et accommodante, se dilatant, dirions-nous, pour   accueillir le bonheur d'un ami, se contractant pour faire front à ses malheurs. Vue sous   cet angle, l'anxiété qu'on est souvent amené à ressentir pour un ami n'est pas de   taille à chasser l'amitié de notre vie : pas davantage qu'on ne va répudier les vertus   parce qu'elles occasionnent soucis et désagréments de bonne taille.
    Du fait qu'on noue amitié, ainsi que je l'ai dit plus haut, si transparaît   quelque indice de vertu auquel une âme similaire peut s'attacher et s'associer, quand   cela se produit, l'affection ne manque pas, comme le soleil, de se lever.
    49. Quoi de plus absurde que d'être attiré par des vanités comme l'honneur, la   gloire, l'édification de monuments, le vêtement et le culte du corps, et de ne point   l'être par une âme parée de vertu, qui. saurait aimer ou, pour mieux dire, rendre amour   pour amour ? Rien n'offre plus d'agrément en effet que de se voir récompensé de son   obligeance, rien n'a plus de charme que d'échanger tour à tour attentions et bons   offices.
    50. Quoi! Si nous ajoutons encore, et nous sommes en droit de le faire, que rien ne   montre autant de force de séduction et d'attraction que la ressemblance engageant à   l'amitié, on nous accordera sûrement qu'il est vrai que les hommes de bien aiment les   hommes de bien et s'associent à eux, comme s'ils leur étaient liés par la parenté et   par la nature.
    Rien n'est plus avide de son semblable ni plus rapace que la nature. Partant de   là, chers Fannius et Scévola, on constate, c'est pour moi évident, une sympathie   presque inévitable des bons entre eux, qui est le principe de l'amitié instauré par la   nature. Mais cette même bonté s'étend aussi à l'ensemble des gens. En effet, la vertu   n'est pas inhumaine, ni avare, ni orgueilleuse : elle a même pour habitude de protéger   des peuples entiers et d'agir au mieux de leurs intérêts, ce qu'elle ne ferait sûrement   pas si elle répugnait à aimer les gens.
    51. Il me semble par ailleurs que ceux qui prêtent aux amitiés des motivations   bassement utilitaires escamotent, ce faisant, le plus aimable nœud de l'amitié. Car   ce ne sont pas tant les services rendus par un ami, que l'affection de cet ami, en soi,   qui fait plaisir : ce qu'un ami nous offre ne nous rend heureux que dans la mesure où   c'est offert avec affection; et il s'en faut de beaucoup que ce soit l'indigence   qui amène à cultiver l'amitié, si l'on songe que ce sont les êtres qui sur le plan des   ressources, des richesses, de la vertu surtout, en laquelle réside le principal secours,   manquent le moins d'autrui, qui sont les plus généreux et les plus obligeants. Au   demeurant, je ne sais pas si c'est une bonne chose que nos amis ne manquent strictement   jamais de rien. En quel domaine en effet notre intérêt l'un pour l'autre aurait-il pu   s'épanouir, si jamais Scipion n'avait éprouvé le besoin d'un conseil, ni d'aucun   service de ma part, que ce soit dans la vie civile ou aux armées ? Ce n'est donc pas   l'amitié qui a découlé de l'utilité, mais l'utilité qui a découlé de l'amitié.
    52. Nous nous garderons donc d'écouter des hommes confits en délices, quand ils   dissertent sur l'amitié sans avoir en la matière de connaissances ni pratiques, ni   théoriques. Qui soutiendrait en effet devant les dieux et les hommes qu'il rêve de   n'aimer personne et de n'être aimé de personne, seulement pour se voir submergé de   toutes les richesses et pour vivre dans l'opulence absolue ? C'est là l'existence des   tyrans, indiscutablement, en laquelle il n'existe aucune sincérité, aucune   tendresse, aucune affection durable auxquelles on puisse se fier : tout y est toujours   suspect et alarmant, point de place pour l'amitié.
    53. Qui aimerait, ma foi, une personne qu'il redoute ou une personne qui,   pense-t-il, le redoute ? On s'empresse pourtant autour de ces gens-là, par hypocrisie,   tant que les choses durent. Mais si par hasard, comme c'est d'ordinaire le cas, ils   tombent, alors on découvre combien ils étaient dépourvus d'amis. C'est ce dont Tarquin,   dit-on, aurait fait la remarque durant son exil : il aurait découvert à ce moment-là   qu’il était loyal ou déloyal parmi ses amis, du fait que, dans sa situation, il ne   pouvait plus les payer de retour ni les uns ni les autres.
    54. Il me paraît surprenant du reste, étant donné sa superbe et son odieux   caractère, qu'il ait pu avoir un ami quelconque. Quoi qu'il en soit, de même que le   caractère du personnage que je viens d'évoquer ne lui a guère permis de se faire de   vrais amis, le pouvoir dont disposent beaucoup de gens puissants est incompatible avec   toute amitié fidèle. C'est que non seulement la Fortune est aveugle, mais elle rend   surtout aveugles, la plupart du temps, ceux qu'elle favorise; aussi versent-ils facilement   dans l'arrogance et la fatuité et rien ne saurait être plus insupportable qu'un   imbécile heureux. C'est ainsi qu'on peut voir des gens, jusqu'alors d'un commerce   agréable, se métamorphoser : sous l'effet du commandement, du pouvoir, de la réussite   en affaires, les voici qui dédaignent leurs anciennes amitiés pour en cultiver de   nouvelles.
    55. Mais quoi de plus stupide, quand on a sous la main richesses, facilités,   considération, que de s'offrir tout ce que peut procurer l'argent, chevaux, domestiques,   habits luxueux, vaisselle précieuse, et de ne pas se faire d'amis, qui sont comme je l'ai   dit le meilleur et le plus bel ornement de la vie ? Car en s'offrant tous ces biens   matériels, ils ne savent ni qui en faire profiter, ni pour qui ils travaillent si dur :   n'importe lequel de ces biens matériels est à qui saura s'en emparer de force, mais dans   ses amitiés chacun conserve un droit de propriété ferme et inaliénable, de sorte que,   même s'il nous reste les biens matériels, qui sont plus ou moins des dons de la   Fortune, une vie délaissée et désertée par les amis ne peut guère offrir un aspect   très riant. Mais c'est assez là-dessus. (XIII-XV.)

 

[Les limites de l'amitié]

 

  56. Toutefois, il y a aussi en amitié des limites, et presque   des bornes, à instaurer pour l'affection. Sur cette question, je vois se présenter trois   thèses différentes, dont aucune ne me satisfait : pour l'une, nous devons ressentir   à l'égard d'un ami le même sentiment que pour nous-mêmes ; pour l'autre, notre   bonté envers nos amis doit répondre à leur bonté envers nous selon une stricte et   symétrique réciprocité ; pour la troisième, le cas que chacun fait de   soi dicte le cas que ses amis doivent faire de lui.
   57. À aucune de ces trois maximes je ne souscris tout à fait. La   première, déjà, n'est pas vraie, qui dit qu'on se doit d'agir à l'égard de ses   amis comme on le ferait à l'égard de soi-même. Que de fois, en effet, nous faisons   pour nos amis des choses que nous ne ferions jamais pour nous-mêmes, solliciter un   personnage indigne, supplier, ou alors attaquer trop violemment quelqu'un et l'invectiver   avec trop de passion ! Tout cela qui, concernant nos propres affaires, ne serait guère   honorable, devient tout à fait noble en revanche quand on le fait pour des amis, et il   existe bien des domaines où souvent des hommes de bien consentent à perdre ou à ne pas   obtenir certains avantages, afin que ce soient leurs amis, plutôt qu'eux-mêmes, qui en   profitent.
    58. Il y a aussi l'autre maxime, qui définit l'amitié par une équivalence de   services et d’attentions réciproques. C'est vouer l'amitié à une comptabilité   trop chiche, trop mesquine, ma foi, que de vouloir cette parité rigoureuse entre ce qu'on   donne et ce qu'on reçoit. L'amitié vraie me semble à moi plus riche et plus   désintéressée : elle n'est pas là, sévère, à contrôler si elle n'est pas en train   de rendre davantage qu'elle n'a reçu. Et pour tout dire, on ne doit pas craindre qu'un de   nos bienfaits soit perdu, qu'une de nos propositions passe aux oubliettes : en amitié, on   ne charge jamais trop le plateau de la balance.
    59. Quant à la troisième maxime, le cas que chacun fait de soi dicte le cas   que ses amis doivent faire de lui, c'est vraiment la pire des définitions ! Il n'est   pas rare en effet, chez certaines personnes, que le moral soit trop bas, ou que l'espoir   d'une amélioration de leur destinée soit trop ténu. Ce n'est donc pas à un ami   d'entretenir avec une personne la même relation qu'elle entretient avec elle-même : il   devra plutôt s'efforcer de remonter le moral de son ami, et réussir peu à peu à lui   insuffler de l'optimisme et des pensées plus positives.
    On voit qu'une nouvelle définition de l'amitié vraie reste à établir, j'y   viendrai dès que j'aurai exposé celle que Scipion avait coutume de blâmer le plus :   d'après lui, on ne pouvait pas rencontrer parole plus hostile à l'amitié que celle du   personnage qui disait : « Il importe d'aimer comme si l'avenir nous réservait de   haïr »; il ne pouvait vraiment consentir à croire que, comme on le pense, Bias   avait dit cela, lui qui est réputé être l'un des Sept Sages; cette maxime venait de   quelqu'un d'infâme, d'ambitieux, ramenant tout au souci de sa propre puissance. Comment   pourrait-on être ami avec quelqu'un dont on imagine pouvoir devenir l'ennemi ? Plus   encore : il faudra désirer et souhaiter que l'ami commette des fautes le plus souvent   possible, qu'il prête ainsi chaque fois le flanc à la réprobation; a contrario, les   actes de droiture et les privilèges des amis inspireront forcément anxiété, peine,   jalousie.
    60. C'est pourquoi une telle règle de conduite, quel qu'en soit   l'inventeur, ne vaut que pour détruire l'amitié. La règle qu'il eût plutôt fallu   enseigner, c'est de choisir l'éventail de nos amitiés avec assez de soin pour ne jamais   commencer d'aimer quelqu'un qu'on risque un jour de haïr. En outre, s'il se trouvait que   nous n'ayons pas été très heureux dans le choix de nos affections, Scipion pensait   qu'il fallait le supporter plutôt que de se préparer à des temps d'inimitiés.
    61. Voici donc les limites à respecter, selon moi : si les mœurs des amis   sont bien policées, ils instaureront entre eux une communauté en toutes choses,   ambitions, projets, sans aucune exception; en outre, s'il arrivait par accident qu'on dût   assister des amis dans des projets pas très convenables, où sont en jeu leur personne ou   leur réputation, on s'autorisera un écart de conduite, pourvu que l'honneur n'ait pas à   en souffrir gravement. En effet, jusqu'à un certain point, il y a des concessions que   l'on peut faire à l'amitié sans qu'il faille vraiment renoncer à notre réputation, ou   perdre de vue que la sympathie des citoyens, dans le domaine politique, n'est pas une arme   à sous-estimer : qu'il soit ignoble de la récolter par les flatteries et la démagogie   n'implique pas que la vertu, qui suscite aussi l'affection, doive le moins du monde être   rejetée. (XVI-XVII)

 

[Il n'est pas d'amitié sans vertu]

 

  La vertu, je dis bien : la vertu, mes bons Caius Fannius   et Quintus Mucius, à la fois nous concilie les amitiés et nous les conserve. C'est en   elle que réside l'accord général de toutes choses, en elle la stabilité, en elle la   constance : quand elle a élevé et fait resplendir sa lumière, puis aperçu et reconnu   la même lumière chez autrui, elle s'en approche et reçoit, en récompense, une part de   l'éclat qui vient de l'autre; au cœur de ces interférences, se met à briller, soit   la figure de l'amour, soit la figure de l'amitié. L'un et l'autre en effet dérivent du   verbe aimer; aimer pourtant n'est rien d'autre que chérir l'être que l'on aime, sans   qu'il soit question de combler un manque ou d'en tirer un bénéfice : lequel s'épanouit   tout seul, dans le contexte de l'amitié, même s'il se trouve qu'on ne l'a nullement   recherché.
    101. Cette affection, du temps de notre jeunesse, nous l'avons éprouvée   pour des vieillards, Lucius Paulus, Marcus Caton, Caius Galus, Publius Nasica, Tibérius   Gracchus, le beau-père de notre Scipion. Devenus vieux à notre tour, nous trouvons une   forme de quiétude dans l'affection des jeunes gens, la vôtre, ou celle de Quintus   Tubéro; de fait, je trouve également un plaisir sans mélange à l'affectueuse   assiduité des jeunes Publius Rutilius, Aulus Verginius. Et puisque la vie et la nature   sont articulées de telle sorte qu'une génération succède à une autre, il est avant   tout souhaitable de faire jeu égal avec ceux qui ont pris le départ en même temps que   nous, et d'arriver avec eux, comme on dit, au bout de la course.
    102. Mais, puisque ce qui est humain est fragile et périssable, il y aura   toujours à chercher autour de soi des gens que nous aimerons et de qui nous serons aimés   : privée d'affection et de sympathie, la vie est dénuée de toute joie. Pour moi, ma   foi, Scipion, quoiqu'il ait été subitement emporté, vit et vivra toujours : j'ai aimé   la vertu de cet homme brillant, et cette vertu n'est pas éteinte. Je ne suis pas le seul   à en voir l'éclat repasser devant mes yeux, moi qui l'ai toujours eue à ma portée,   tenue comme une lanterne : elle brillera et sera un phare pour nos descendants. Jamais   personne ne concevra d'ambitions ou d'espérances un peu élevées, sans penser qu'il doit   prendre pour modèle la mémoire et l'image de Scipion.
    103. Pour tout dire, il n'y a rien, dans tout ce que j'ai reçu de la   fortune ou de la nature, que je puisse comparer à son amitié : j'y trouvais une   communauté de conceptions politiques, j'y trouvais des conseils pour mes affaires   privées, j'y trouvais une détente pleine d'agrément. Jamais je ne l'ai offensé même   dans le plus petit détail, pour autant que je m'en sois rendu compte; je n'ai rien   entendu de lui que je n'eusse voulu entendre. Nous avions une seule et même maison, le   même style de vie, et cela nous rapprochait; et il n'y avait pas que le temps passé sous   les armes, mais aussi nos promenades à la campagne, qui nous réunissaient.
    104. Que dire aussi de nos efforts pour en savoir toujours davantage et pour   apprendre des choses neuves, études qui nous tinrent éloignés du regard des foules, et   occupèrent toutes nos heures de loisirs ? Si la mémoire de ces images, l'émotion qui   leur reste attachée, était morte en même temps que Scipion, je serais totalement   incapable de supporter le regret de l'homme qui fut le plus proche de moi, et que j'aimais   le plus. Mais ces images ne sont pas éteintes, ma méditation et ma mémoire ont plutôt   tendance à les entretenir et à les augmenter, et même si j'en étais radicalement   dépouillé, l'âge en soi m'apporterait une puissante consolation. Car, de toutes   façons, je n'ai plus beaucoup de temps à passer au milieu de ces regrets désormais;   toute peine brève est obligatoirement supportable, même si elle est vive.
    Voilà ce que j'avais à dire sur l'amitié. Et puisqu'il n'est pas d'amitié sans   vertu, je vous engage à ménager à la vertu une place telle que, elle mise à part, dans   votre pensée rien ne soit préférable à l'amitié.

 

 

 

Marcus Tullius CICERON, Lælius de Amicitia (44 av. J.-C.).
  traduction Xavier Bordes.

 
 

(1) Composant ce traité à la demande de son ami Atticus,   Cicéron y fait parler le consul Caïus Lælius   Sapiens (v. 185 -v. 115 av. J.-C.) que son amitié avec Scipion Emilien et son autorité   d' « homme du passé » rendaient propre à traiter le sujet.
  (2) L'Africain : Scipion Emilien (185 - 129 av. J.-C.), surnommé le Second   Africain. Général romain, il mit fin à la troisième guerre punique par la prise   et la destruction de Carthage.

 

 

 

  Le   texte intégral   de Lélius ou l'Amitié est disponible sur Itinera Electronica   dans la traduction de Charles Appuhn (1933).

Posté par herve dubertrand à 14:13 - ESOTERISME - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Diététique Menus Cétogène Régime et Autres

Vous trouverez ci-joint un fichier excel que j'ai réalisé pour le régime cétogène de ma fille épileptique
Il suffit d'aller dans l'onglet BD ((base de données) et de faire un copier-coller sur un autre onglet
Pour les parents qui doivent appliquer ce régime très contraignant vous aurez ainsi un peu de variété
Nous l'avons appliqué 20 mois à notre fille!!!
Pour les autres que vous soyez sportifs, sédentaires, ou à la recherche d'un corps dépouillé, vous pourrez ainsi composer votre menu et connaître précisément après avoir mis la quantité pour chaque aliment le nombre de calories les lipides protides et glucides que vous apportera votre ration quotidienne
A vos balances bonne cuisine
RegimFannyAnnee1700

Posté par herve dubertrand à 18:05 - CUISINE DEGUSTATION BONNES ADRESSES - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

16 mars 2008

Communiquer pour...

J'ai toujours été un "fan" de la communication, je n'ai pas dit expert, simplement un de ses plus ardents défenseurs!
Quel que soit le canal utilisé pour communiquer de la parole, aux postures en passant par les signes ou mimiques
celle-ci est toujours orientée, motivée et dirigée par un but
Ce peut être pour informer, pour enseigner, éduquer, instruire, distraire, consoler, comprendre, solutionner, mais souvent également pour témoigner tout simplement
La communication se retrouve alors moins instrumentalisée voire même dénuée de toute utilité primaire ou plutôt entièrement vouée au besoin de partager et de dire combien on est bien avec la ou les personnes concernées.
Curieusement la communication tend alors vers le silence, mais le silence n'est il pas également une forme de communication?
Elle débouche sur espace temps qui s'arrête sur un délicieux néant ou l'on peut mesurer à sa juste valeur la relation que l'on a pu mettre en place avec son interlocuteur!!!
La communication confine alors à la communion d'esprit ce qui est alors oh combien exceptionnel et recherché

Posté par herve dubertrand à 09:36 - REFLEXIONS - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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